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SASU : Comment sortir de l'argent, salaire, dividendes et flat tax à 31,4 %

06 Sep 2026 à 07:38

Salaire ou dividendes en SASU en 2026 : flat tax à 31,4 %, seuils de salaire minimum, taxe PUMA et trois scénarios chiffrés sur 96 000 € de résultat

Entrepreneur en SASU : salaire ou dividendes, quel choix pour sortir de l'argent ?

 

Rédigé par Damien GRANGIENS, fondateur de Plateya.fr et Plateya Fundamentals - mise en relation gratuite avec expert-comptable compétent. 

 

 

 

Principe en SASU : Se verser des salaires ou dividendes ?


Le principe : en SASU, le salaire ouvre des droits sociaux et se déduit du résultat imposable ; les dividendes ne supportent aucune cotisation URSSAF mais n'ouvrent aucun droit.

Ce qui a changé : depuis le 1er janvier 2026, la flat tax est passée de 30 % à 31,4 % (12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux). La quasi-totalité des comparatifs en ligne affichent encore 30 %.

La conséquence : le « tout dividendes » n'est plus le gagnant automatique. Sur un résultat de 96 000 €, le mix salaire plus dividendes laisse 52 811 € nets contre 48 913 € en 100 % dividendes, protection sociale en plus.

Les trois seuils qui commandent l'arbitrage 2026 : 601 € brut par mois pour valider quatre trimestres de retraite, 801 € pour neutraliser la cotisation subsidiaire maladie, 2 083 € pour ouvrir les indemnités journalières.

Pour trancher votre cas : posez la question gratuitement sur TheBoardRoom by Plateya, ou demandez une mise en relation gratuite avec un expert-comptable orienté conseil via Plateya Fundamentals.

Mise en garde : Cet article n'est ni un conseil officiel ni une analyse de votre situation qui nécessite l'expertise d'un expert-comptable ou avocat spécialisé. 

 



La question revient à chaque clôture, et sa réponse a changé au 1er janvier 2026. Voici le calcul à jour, avec les seuils, les taux réels et trois scénarios chiffrés. C'est la grille que Plateya utilise pour cadrer cet arbitrage avec les dirigeants accompagnés.



Ce qui a changé au 1er janvier 2026


  • Flat tax à 31,4 %. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403) a relevé la CSG sur les revenus du capital de 9,2 % à 10,6 %, portant les prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 %. Le prélèvement forfaitaire unique passe donc de 30 % à 31,4 %. L'assurance-vie et les PEL ouverts depuis 2018 restent, eux, à 30 %.

  • ACRE divisée par deux. Pour un président de SASU, l'exonération est plafonnée à 25 % des cotisations éligibles, dégressive au-delà de 36 045 € de revenus et nulle au-delà de 48 060 €. Surtout, la demande doit être déposée à l'URSSAF dans les 60 jours suivant l'immatriculation, sous peine de perte définitive.

  • La cotisation subsidiaire maladie devient le vrai risque. Un président sans salaire qui se verse des dividendes déclenche mécaniquement cette cotisation, souvent appelée taxe PUMA, au taux de 6,5 %. Nous y revenons plus bas avec un cas chiffré.



Le salaire du président : ce que vous achetez réellement


Le président de SASU est assimilé salarié au sens de l'article L. 311-3 du Code de la sécurité sociale. Il relève du régime général, reçoit un bulletin de paie et supporte des cotisations salariales d'environ 22 % du brut et des cotisations patronales d'environ 42 %. En pratique, les charges totales représentent autour de 82 % du net versé. En contrepartie, la rémunération et les charges patronales se déduisent du résultat imposable, ce qui réduit l'impôt sur les sociétés.


Ce que le salaire ouvre : la retraite de base et la retraite complémentaire Agirc-Arrco, l'assurance maladie et les indemnités journalières, la maternité, l'invalidité et le décès.



La correction que presque tous les articles omettent

Le président de SASU ne cotise pas à l'assurance chômage et n'ouvre aucun droit à France Travail au titre de son mandat, quelle que soit la cause de sortie. La ligne figure à zéro sur son bulletin. Les allocations éventuelles viennent toujours de droits acquis avant la création. Second point ignoré : n'étant pas titulaire d'un contrat de travail, le mandataire social n'ouvre pas droit aux allègements généraux de cotisations patronales. Un salaire de dirigeant à 800 € brut coûte donc proportionnellement bien plus cher que le même salaire versé à un salarié.

 



Les dividendes : ce qu'ils coûtent, ce qu'ils n'ouvrent pas



Les dividendes se versent sur le bénéfice après impôt sur les sociétés, une fois les comptes approuvés. L'impôt sur les sociétés est de 15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfice imposable, puis de 25 % au-delà. Le taux réduit suppose trois conditions cumulatives, souvent mal vérifiées : un chiffre d'affaires inférieur à 10 millions d'euros, un capital entièrement libéré à la clôture, une détention à 75 % au moins par des personnes physiques. Un seul apport non versé le fait perdre à toute la société.

Le dividende net supporte ensuite 31,4 % de flat tax. Aucune cotisation sociale n'est due en SASU, contrairement à l'EURL où la fraction dépassant 10 % du capital, des primes d'émission et du compte courant est réintégrée dans l'assiette des cotisations du gérant majoritaire. En contrepartie, le dividende ne valide aucun trimestre, n'ouvre aucune indemnité journalière et ne construit aucune retraite.


L'option pour le barème progressif reste souvent oubliée.



Elle donne droit à un abattement de 40 % et à la déductibilité de 6,8 points de CSG. Le point de bascule est net : le barème bat la flat tax en dessous d'un taux marginal de 24,06 %. Un foyer à 11 % a donc intérêt à opter, un foyer à 30 % non. L'option est globale et vaut pour tous les revenus de capitaux mobiliers de l'année.





Le taux de friction du dernier euro sorti

 




Voici l'indicateur que nous utilisons pour trancher vite : ce que coûte, en pourcentage, la sortie de 100 € supplémentaires de la société vers votre compte personnel. Pour le salaire, la base est l'enveloppe employeur totale. Pour le dividende, c'est le résultat avant impôt sur les sociétés.



 

Mode de sortie

Net perçu pour 100 € engagés

Taux de friction

Salaire, foyer non imposable

54,93 €

45,1 %

Salaire, taux marginal 11 %

49,29 €

50,7 %

Salaire, taux marginal 30 %

39,55 €

60,5 %

Salaire, taux marginal 41 %

33,91 €

66,1 %

Dividende, IS 15 % et flat tax

58,31 €

41,7 %

Dividende, IS 25 % et flat tax

51,45 €

48,6 %

Dividende, IS 25 % et barème à 11 %

56,66 €

43,3 %

Dividende, IS 25 %, flat tax et cotisation subsidiaire maladie

46,58 €

53,4 %

 

 

Deux enseignements. Le dividende garde un avantage réel tant que le bénéfice reste dans la tranche à 15 %, avec près de 19 points de friction en moins qu'un salaire pour un dirigeant à 30 %. Mais cet avantage se referme au-delà de 42 500 € de bénéfice, et il s'inverse dès que la cotisation subsidiaire maladie s'applique. La dernière ligne du tableau est celle que beaucoup de dirigeants découvrent en novembre, par courrier de l'URSSAF.



 

 

Trois scénarios chiffrés : le cas de Karim B.



Karim B., consultant en cybersécurité, SASU immatriculée à Lyon en février 2024. Exercice clos le 31 décembre 2026, 96 000 € de résultat avant rémunération du président, célibataire, une part fiscale, sans autre revenu.


 

Poste

A. Tout salaire

B. Salaire 2 100 € brut et dividendes

C. Tout dividendes

Enveloppe employeur consacrée au salaire

96 000 €

35 784 €

0 €

Salaire brut annuel

67 606 €

25 200 €

0 €

Résultat imposable après rémunération

0 €

60 216 €

96 000 €

Impôt sur les sociétés

0 €

10 804 €

19 750 €

Dividende brut distribuable

0 €

49 412 €

76 250 €

Flat tax 31,4 %

0 €

15 515 €

23 943 €

Impôt sur le revenu du salaire

7 871 €

742 €

0 €

Cotisation subsidiaire maladie

0 €

0 €

3 394 €

Net total dans la poche

44 862 €

52 811 €

48 913 €

Trimestres validés

4

4

0

Indemnités journalières

Oui

Oui

Non





Le scénario mixte gagne sur les deux tableaux.




Il rapporte 3 898 € de plus que le tout dividendes, tout en conservant la couverture sociale complète, et 7 949 € de plus que le tout salaire. Deux mécanismes expliquent ce résultat contre-intuitif. D'une part, la cotisation subsidiaire maladie ampute le scénario C de 3 394 €. D'autre part, le salaire déduit du résultat évite l'impôt sur les sociétés à 25 %, alors qu'il n'est repris qu'à 11 % au barème pour ce niveau de revenu. Le point de bascule se déplace dès que le foyer atteint un taux marginal de 30 %.



Les trois marches du salaire minimum en 2026




« Se verser un petit salaire pour la retraite » est un conseil trop vague pour être utile. Il existe en réalité trois seuils distincts, qui n'achètent pas la même chose.




 

Marche

Brut mensuel

Coût employeur annuel

Ce que la marche ouvre

1. Retraite

601 €

10 241 €

Quatre trimestres de retraite de base, soit 7 212 € brut sur l'année

2. Neutralisation PUMA

801 €

13 649 €

Annule la cotisation subsidiaire maladie, quel que soit le montant des dividendes

3. Arrêt de travail

2 083 €

35 500 €

Ouvre les indemnités journalières maladie et maternité




Le détail compte. La validation des trimestres repose sur 150 fois le SMIC horaire au 1er janvier, soit 1 803 € par trimestre et 7 212 € sur l'année 2026. Piège fréquent : la revalorisation du SMIC au 1er juin ne change pas ce seuil, plusieurs sites publient pourtant 7 386 €. Les indemnités journalières exigent, elles, d'avoir cotisé sur 1 015 fois le SMIC horaire au cours des six mois civils précédant l'arrêt, soit 12 494,65 €, donc 2 083 € brut par mois. Un dirigeant à 601 € brut valide ses trimestres et n'a aucune indemnité en cas d'arrêt.



Trois pièges qui coûtent cher



1. La cotisation subsidiaire maladie



Léa M. dirige une SASU de conseil en design à Nantes. En 2025, aucun salaire et 61 000 € de dividendes. En novembre 2026, l'URSSAF lui adresse un appel de 2 403 €, soit (61 000 − 24 030) × 6,5 %. La cotisation frappe les foyers dont les revenus d'activité sont inférieurs à 9 612 € et les revenus du patrimoine supérieurs à 24 030 €, soit 20 % et 50 % du plafond annuel de la sécurité sociale. Elle s'annule dès 9 612 € de revenus d'activité : un salaire de 801 € brut par mois, déductible du résultat, l'aurait entièrement neutralisée.


2 et 3. Le distribuable et l'acompte



Un dividende ne se vote que sur le bénéfice distribuable, après approbation des comptes, dotation de la réserve légale et imputation des pertes antérieures. Une trésorerie confortable n'est pas un bénéfice distribuable, et distribuer sans base légale expose à une action en répétition. Enfin, la société prélève à la source un acompte d'impôt sur le revenu de 12,8 % lors du versement. La dispense est possible en dessous de 50 000 € de revenu fiscal de référence pour une personne seule et 75 000 € pour un couple, mais la demande doit être formulée avant le 30 novembre de l'année précédente.



 

Salaire ou dividendes en SASU : simulez avant de décider


Ce simulateur calcule ce qui vous reste réellement, sur l'année, pour un résultat donné et un salaire de président donné. Il enchaîne toute la mécanique : coût employeur, impôt sur les sociétés à 15 puis 25 %, réserve légale, bénéfice distribuable, flat tax à 31,4 % ou barème progressif selon l'option la plus favorable, impôt sur le revenu du foyer et cotisation subsidiaire maladie.

Il affiche aussi ce que votre rémunération vous ouvre, et pas seulement ce qu'elle vous rapporte : trimestres de retraite validés, indemnités journalières en cas d'arrêt, exposition à la taxe PUMA. Deux optimums sont calculés, le salaire qui maximise votre net et celui qui le maximise en conservant une couverture arrêt de travail, avec l'écart chiffré entre les deux.


Hypothèses retenues.
 



Paramètres fiscaux et sociaux au 6 septembre 2026. Président assimilé salarié, sans contrat de travail, donc sans cotisation chômage ni allègements généraux. Cotisations forfaitaires de 42 % patronales et 22 % salariales, que vous pouvez remplacer par celles de votre bulletin. Ne sont pas modélisés : la décote et les crédits d'impôt, le plafonnement de l'abattement de 10 %, l'ACRE, l'épargne salariale et les régimes de faveur.


Simulateur non officiel.



Les résultats sont des ordres de grandeur. Toute décision de rémunération ou de distribution doit être validée par un expert-comptable inscrit à l'Ordre ou par un avocat.

 

 

 

 

 

 

Deux façons de trancher votre cas, sans y passer la semaine



L'arbitrage dépend de quatre variables personnelles : votre taux marginal d'imposition, votre couverture sociale par ailleurs, votre horizon de retraite et votre besoin de revenu régulier. Aucun article ne peut les trancher à votre place. Deux chemins concrets, gratuits.



Option 1 : poser votre question sur TheBoardRoom by Plateya

Le forum de dirigeants de Plateya réunit des experts certifiés, ici des experts-comptables, qui répondent gratuitement aux questions des dirigeants de TPE et PME. Réponses modérées et priorisées selon leur pertinence, sans aucun bot. Le bon réflexe pour faire vérifier un calcul avant votre assemblée d'approbation des comptes.

Accès direct : forum.plateya.fr

 

 

Option 2 : être mis en relation avec un expert-comptable orienté conseil

Si votre situation combine plusieurs revenus, un conjoint, une cession ou une holding, il vous faut un professionnel qui prend l'initiative du conseil, pas un cabinet qui produit un bilan. Plateya Fundamentals propose une mise en relation gratuite avec des experts-comptables et des avocats sélectionnés sur ce critère, selon votre secteur et votre volume, sans commission facturée au dirigeant.

Pour aller plus loin : les critères d'un bon expert-comptable orienté conseil et le classement 2026 des experts-comptables en ligne.

 





Questions fréquentes sur le choix entre salaire et dividendes en SASU



Peut-on ne se verser aucun salaire en SASU ?





Oui, la rémunération du président est libre et peut être nulle. Mais sans rémunération, aucun droit social n'est constitué, et la cotisation subsidiaire maladie s'applique dès 24 030 € de revenus du patrimoine. Dans la plupart des cas, un salaire de 801 € brut par mois coûte moins cher qu'il ne rapporte.


Les dividendes de SASU sont-ils soumis à cotisations sociales ?



Non. Contrairement à l'EURL, aucun assujettissement aux cotisations URSSAF n'existe en SASU, quel que soit le montant distribué par rapport au capital. Ils supportent uniquement les 18,6 % de prélèvements sociaux inclus dans la flat tax.


Faut-il opter pour le barème progressif ?



L'option devient favorable en dessous d'un taux marginal de 24,06 %, donc concrètement pour les foyers à 0 % ou 11 %. Elle est globale et engage tous les revenus de capitaux mobiliers de l'année, y compris les plus-values.



Le président de SASU a-t-il droit au chômage ?



Pas au titre de son mandat. Il ne cotise pas à l'assurance chômage. Il peut en revanche cumuler ses droits antérieurs, soit en maintien mensuel de l'allocation, soit en capital via l'ARCE. Les dividendes ne réduisent pas l'allocation, contrairement au salaire.


 

Le salaire ou les dividendes réduisent-ils l'impôt sur les sociétés ?




Seul le salaire. La rémunération et les charges patronales sont des charges déductibles. Le dividende, lui, est prélevé sur le résultat après impôt : c'est la double imposition économique classique.


Note de méthode



Hypothèses : coût employeur égal au brut multiplié par 1,42, net avant impôt égal au brut multiplié par 0,78, base imposable après abattement de 10 %. Barème de l'impôt sur le revenu 2026 appliqué à une part fiscale, hors décote, ce qui surestime légèrement l'impôt du scénario B. Les taux de cotisations d'un président varient selon le niveau de rémunération et le contrat de prévoyance : à confirmer sur bulletin réel. Rédigé le 6 septembre 2026, à jour de la loi de financement de la sécurité sociale et de la loi de finances pour 2026.


Sources : loi n° 2025-1403 de financement de la sécurité sociale pour 2026 ; loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, article 4 ; article 219-I-b du Code général des impôts ; articles L. 311-3, L. 380-2, R. 313-3 et R. 351-9 du Code de la sécurité sociale ; circulaire Cnav 2025-33 du 23 décembre 2025 ; ameli.fr et service-public.gouv.fr, consultés le 6 septembre 2026.

 

 

 

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Damien GRANGIENS - Fondateur de Plateya

Fondateur Plateya.fr et Ghostwriter SEO GEO. Expert stratégie et consultant SEO et GEO.

Fondateur de Plateya en 2024, je travaille depuis plus de 8 ans avec des office managers et assistants indépendants sur la transformation digitale et les nouvelles pratiques et techniques agiles exigées dans le développement de leur activité.
Nous plaçons aussi des expertises en freelance dans les entreprises qui ont des besoins avec plus de 100 mises en relations effectuées et un succès de 98%.
Je développe Plateya comme média d'informations fiables, repères et outils pour les dirigeants.
Enfin, je suis également consultant SEO GEO, précurseur d'approches éditoriales uniques pour valoriser les marques.

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