retour

Accueil > Blog > Leadership dirigeant > Conflits en entreprise : ce que les managers qui fuient les ...

Conflits en entreprise : ce que les managers qui fuient les désaccords ne comprendront jamais

22 Fév 2026 à 10:51

Vous évitez les conflits en entreprise ? C’est peut-être votre erreur stratégique. Découvrez pourquoi le désaccord maîtrisé est un levier de performance durable et comment le traverser avec méthode.

 

Conflits en entreprise : pourquoi les dirigeants qui fuient les désaccords sabotent leur performance

(Article rédigé par Damien GRANGIENS, coach de dirigeant à Paris et fondateur du cabinet de coaching exécutif Excellence.)

 

 

 

Beaucoup de managers pensent que réduire les conflits améliore la performance. C’est l’inverse.
Les organisations les plus performantes structurent le désaccord.
Un conflit visible cache souvent un besoin ou une valeur non exprimés.
Éviter la confrontation crée des tensions souterraines coûteuses.
Apprendre à traverser un conflit avec méthode devient une compétence stratégique.
La maturité d’un leader se mesure à sa capacité à tolérer l’inconfort du désaccord.



Lisez notre post sur l'art du désaccord adapté aux leaders


 




Pourquoi les conflits en entreprise sont un levier stratégique



Le problème n’est pas l’existence des conflits en entreprise, mais la manière dont ils sont traités.


Un désaccord explicite et structuré stimule la performance collective. À l’inverse, un conflit évité génère démotivation, perte d’énergie et décisions affaiblies. La clé n’est pas d’éteindre les tensions, mais de savoir les traverser avec lucidité et méthode.

 

 

I. Institutionnaliser le désaccord 


La plupart des formations à la gestion des conflits vous apprennent à les éteindre.
À désamorcer. À calmer. À lisser.

C’est précisément le mauvais objectif.

Les équipes les plus performantes au monde — qu’il s’agisse des blocs de chirurgie d’urgence, des cockpits d’aviation ou des unités d’élite comme les United States Navy SEALs — ont toutes un point commun :
elles ont institutionnalisé le désaccord.

Les protocoles d’aviation autorisent explicitement le copilote à contredire le commandant.
Les équipes médicales ont des checklists qui obligent à verbaliser les doutes.
Les unités spéciales pratiquent le débriefing brutal, frontal, sans ego.

À l’inverse, les équipes les plus dysfonctionnelles que vous connaissez ont des réunions impeccables.
Tout le monde sourit.
Personne ne contredit le dirigeant.
Et les décisions sont molles.


Alors posons la vraie question :

Et si votre problème n’était pas un excès de conflits… mais une incapacité collective à les traverser ?



Ça peut vous intéresser : Cadres dirigeants - comment négocier votre départ ? 




II. Anatomie d’un conflit — ce que personne ne vous dit vraiment


Un conflit visible est presque toujours le symptôme d’un conflit latent non traité.

Ce que vous voyez n’est que la surface.
Ce que vous traitez n’est souvent pas la cause.

1. Le conflit de surface

C’est celui dont on parle :

  • Un retard sur un projet

  • Une décision stratégique contestée

  • Une tension entre deux personnes

  • Une divergence sur une priorité


C’est le niveau rationnel. Le plus confortable. Le plus trompeur.

2. Le conflit de besoins

Sous la surface, les choses se compliquent.

Les besoins humains fondamentaux sont en jeu :

  • Reconnaissance

  • Autonomie

  • Sécurité

  • Appartenance

  • Justice

Un collaborateur qui “conteste une décision” défend peut-être son besoin d’autonomie.
Un manager qui “s’agace d’un désaccord” protège peut-être son besoin de légitimité.

La plupart des médiations échouent parce qu’on traite le dossier… pas le besoin.

3. Le conflit de valeurs

C’est le niveau le plus sensible. Le plus tabou.

Il ne s’agit plus de préférences, mais de convictions :

  • Vision du travail (performance vs équilibre)

  • Rapport à l’autorité

  • Éthique commerciale

  • Ambition de croissance

  • Vision du risque

Quand deux personnes n’ont pas la même hiérarchie de valeurs, le conflit devient structurel.

Et l’erreur fatale consiste à vouloir le résoudre par un compromis technique.

On ne négocie pas des valeurs.
On clarifie, on aligne… ou on se sépare.



III. Les 4 profils de dirigeants face au conflit



Votre manière de gérer les conflits révèle votre rapport à l’autorité, à l’affection… et à la peur.

Soyons lucides.

1. L’Évitant

Il confond harmonie et paix.

  • Il minimise les tensions

  • Il repousse les discussions difficiles

  • Il espère que “ça va passer”

Résultat : il crée des bombes à retardement.

C’est le profil le plus répandu dans les PME françaises.
Par bienveillance mal calibrée.
Ou par peur d’être impopulaire.


2. Le Dominateur

Il règle le conflit par l’autorité.

  • Il tranche vite

  • Il impose

  • Il clôt sans discussion


Efficace à court terme.
Toxique à moyen terme.

Les conflits ne disparaissent pas.
Ils deviennent souterrains.

Et un conflit souterrain est toujours plus coûteux qu’un conflit exprimé.

3. Le Médiateur compulsif

Il veut absolument que tout le monde soit d’accord.

Il cherche le “terrain d’entente”.
Il refuse la dissymétrie.

Résultat :
Personne n’est vraiment satisfait.
Et les décisions restent floues.

Le consensus permanent est une illusion managériale.

4. Le Traverseur

C’est le profil rare.

Il :

  • Nomme ce qui se passe

  • Assume l’inconfort

  • Distingue relation et décision

  • Décide quand il faut décider


Il ne cherche pas à supprimer le conflit.
Il le traverse.

C’est vers ce profil que vous devez tendre.



IV. Les conflits que vous devez provoquer


Un désaccord constructif n’est pas un accident.
C’est une compétence.

Une réunion où personne ne contredit le dirigeant n’est pas une réunion efficace.
C’est du théâtre.

La recherche d’Amy Edmondson sur la sécurité psychologique le montre clairement :
la sécurité ne signifie pas confort permanent.
Elle signifie que le désaccord peut être exprimé sans sanction sociale.

Elle parle d'"anxiété productive” :

un niveau de tension suffisant pour stimuler la performance, sans basculer dans la peur.



Techniques concrètes pour provoquer un désaccord productif


  • L’avocat du diable institutionnalisé

    Désignez à chaque réunion une personne chargée de contredire la proposition dominante.

  • Le pre-mortem

    Avant de lancer un projet, posez la question :
    “Imaginons que ce projet échoue dans 12 mois. Pourquoi ?”

  • La norme culturelle explicite

    Autorisez la phrase :
    “Je ne suis pas d’accord et voici pourquoi.”

Si personne ne vous contredit jamais,
ce n’est pas que vous avez toujours raison.
C’est que votre équipe s’auto-censure.


V. Protocole en 5 étapes pour traverser un conflit réel


L’improvisation en situation de conflit coûte cher.
Les meilleurs dirigeants ont une méthode.

Voici un protocole simple, applicable dès demain.

1. Nommer avant d’agir

Sans accuser.

“Je constate qu’il y a une tension sur ce sujet.”
“J’observe que nos échanges sont plus tendus.”

Nommer désamorce déjà une partie du conflit.


2. Séparer faits et interprétations

Structurez ainsi :

  • Ce que j’ai vu

  • Ce que j’en ai conclu

  • Ce que je ressens

Exemple :
“Lors de la réunion, tu as interrompu trois fois. J’en ai conclu que tu rejetais ma proposition. Et j’ai ressenti de la frustration.”


Cela évite l’attaque frontale.


3. Créer les conditions du dialogue

Jamais :

  • En open space

  • En fin de journée

  • En posture de juge

Toujours :

  • En face à face

  • Avec un cadre clair

  • Dans un temps dédié


Le cadre est aussi important que le contenu.

4. Explorer les besoins cachés

La question clé :

“Qu’est-ce qui est vraiment important pour toi dans cette situation ?”

Cette question change la profondeur de la discussion.

On quitte la surface.
On entre dans le réel.

5. Décider et clore

Un conflit doit se clore explicitement.

  • Quelle décision est prise ?

  • Qui fait quoi ?

  • À quelle date ?

L’ambiguïté post-conflit est aussi toxique que le conflit lui-même.


VI. Les cas particuliers qui font échouer les bons managers


Certaines situations sont plus complexes.

1. Le conflit entre deux collaborateurs clés

Erreur fréquente : devenir arbitre permanent.

Intervenez si :

  • Le conflit impacte la performance collective

  • Les discussions directes ont échoué

Sinon, responsabilisez-les.

Un manager n’est pas un parent.

2. Le désaccord avec votre propre N+1

Exprimer un désaccord vers le haut exige maturité.

Structure efficace :

  1. Clarifier l’objectif commun

  2. Exposer votre analyse

  3. Formuler votre désaccord

  4. Accepter la décision finale si elle est maintenue

L’art du “je maintiens ma position” sans déclencher une guerre.

Un bon dirigeant respecte un collaborateur capable d’opposition argumentée.

3. Le conflit de valeurs irréductible

Parfois, il n’y a pas d’issue.

Si :

  • Les visions du travail sont incompatibles

  • Les décisions sont systématiquement vécues comme des trahisons

  • La confiance est rompue

La médiation est inutile.

La seule issue est une séparation digne et claire.

Reconnaître cela tôt évite des mois d’usure psychologique.

 

 

Comment un coach professionnel peut vous aider ?


Un coach professionnel ne se contente pas d’apaiser les tensions. Il vous aide à transformer votre rapport au conflit pour en faire un levier stratégique. Son intervention s’articule autour de plusieurs axes structurants :


1. Clarifier votre posture de leader

  • Identifier vos mécanismes d’évitement ou de domination

  • Comprendre vos réactions émotionnelles face au désaccord

  • Aligner votre posture managériale avec vos valeurs

2. Mettre en lumière vos angles morts

  • Repérer les schémas répétitifs dans vos conflits

  • Analyser les dynamiques relationnelles de votre équipe

  • Distinguer faits, interprétations et projections


3. Vous entraîner aux conversations difficiles

  • Apprendre à nommer les tensions sans accuser

  • Structurer un échange conflictuel avec méthode

  • Maintenir un cadre ferme tout en restant ouvert

4. Renforcer votre capacité de décision

  • Assumer l’inconfort du désaccord

  • Trancher avec clarté lorsque nécessaire

  • Clore un conflit sans laisser d’ambiguïté


Le coaching devient ainsi un espace d’exigence et de lucidité. Vous n’apprenez pas à éviter les conflits, mais à les traverser avec maîtrise — au service d’une performance durable et d’une autorité respectée.




VII. Conclusion — La lucidité comme compétence de leader


Les meilleurs leaders ne “gèrent” pas les conflits.

Ils créent des cultures où :

  • Les désaccords sont exprimés

  • Les tensions sont nommées

  • Les décisions sont claires

  • Les clôtures sont explicites

La tolérance au désaccord est un marqueur de maturité psychologique autant que managériale.

On ne la développe pas en lisant des frameworks.
On la développe en choisissant, délibérément, d’entrer dans les conversations qu’on évitait.

Voici la vérité inconfortable :

Le conflit que vous refusez d’avoir aujourd’hui, vous le paierez deux fois demain — en énergie et en résultats.

 

 

 

Si cet article est utile, partagez-le avec votre communauté professionnelle.


Donnez votre avis constructif

Damien GRANGIENS - Fondateur de Plateya

Fondateur de Plateya : outil collaboratif augmenté pour les office managers freelance et assistantes digitales

Fondateur de Plateya, je travaille depuis 5 ans avec des office managers et assistants indépendants sur la transformation digitale et les nouvelles pratiques et techniques agiles exigées dans le développement de leur activité.

1904 articles

Partagez cet article à votre réseau professionnel!

À lire également

article-similaire
Leadership dirigeant

Coaching dirigeants & CEO 🔥 boostez votre leadership et réputation

26 Aoû 2025 à 08:22

article-similaire
Leadership dirigeant

Coach professionnel à Paris certifié RNCP | Damien GRANGIENS - Cabinet Excellence

17 Fév 2026 à 15:52

article-similaire
Leadership dirigeant

Meilleure application pour apprendre l’anglais : le guide honnête 2026

08 Fév 2026 à 11:45