Gérer un PSE en 2026 : Guide Complet | Procédure, Coûts, DRH de Transition
04 Avr 2026 à 08:11
Comment gérer un PSE ? Procédure légale, délais DREETS, erreurs à éviter, rôle du DRH de transition et simulation des coûts. Guide expert 2026 par Plateya Executive Search.
Gérer un PSE : Le Guide Complet pour Dirigeants et DRH
Procédure légale, calendrier, erreurs critiques, rôle du DRH de transition et simulation des coûts : tout ce qu’un dirigeant doit savoir pour sécuriser un Plan de Sauvegarde de l’Emploi en 2026.

SOMMAIRE
1. PSE en France : le contexte 2025-2026 en chiffres
2. Qu’est-ce qu’un PSE ? Définition, seuils et cadre légal
3. Contenu obligatoire et mesures facultatives du PSE
4. Procédure complète étape par étape : de l’information-consultation à l’homologation DREETS
5. Accord collectif vs. document unilatéral : quel choix stratégique ?
6. Le rôle clé du CSE et les délais de consultation
7. ZOOM — Le DRH de transition : pilier de la restructuration PSE
8. ZOOM — Simulation des coûts : Plateya Executive Search vs. cabinets traditionnels
9. Les 7 erreurs fatales à éviter lors d’un PSE
10. Après le PSE : bilan, recours et reconstruction
11. FAQ — Les 12 questions les plus fréquentes sur le PSE
12. Conclusion et ressources
1. PSE en France : le contexte 2025-2026 en chiffres
Le marché de l’emploi français traverse une période de turbulence sans précédent depuis la crise sanitaire. La conjonction d’une inflation résiduelle, de tensions géopolitiques impactant les chaînes d’approvisionnement et d’une accélération de la transformation numérique (intelligence artificielle, automatisation) crée un environnement où les restructurations deviennent inévitables pour de nombreuses entreprises.
Les chiffres clés à retenir
- 156 PSE validés/homologués au 3e trimestre 2025, en hausse de 10,6 % sur un an (source : DARES).
- 12 300 ruptures de contrats associées à ces PSE au T3 2025.
- 483 plans de suppressions d’emplois recensés par la CGT entre septembre 2023 et décembre 2025.
- 75 % des plans sociaux concernent des sites industriels en 2025.
- 39 500 entrées à France Travail après un licenciement économique au T2 2025 (+7,2 % vs trimestre précédent).
- 7,9 % de taux de chômage au T4 2025, plus haut niveau depuis le T3 2021.
Parmi les opérations les plus médiatisées : le PSE d’Auchan (2 389 suppressions de postes, homologation annulée par le tribunal administratif de Lille en septembre 2025), celui d’ArcelorMittal (608 postes sur 6 sites, validé en décembre 2025), ou encore celui d’Ubisoft (200 départs volontaires annoncés début 2026). Ces exemples montrent que la maîtrise de la procédure PSE est plus cruciale que jamais.

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À retenir En 2026, le contexte économique rend les PSE plus fréquents. La question n’est plus « Suis-je concerné ? » mais « Suis-je prêt ? ». La préparation en amont est le premier facteur de succès d’un PSE. |
2. Qu’est-ce qu’un PSE ? Définition, seuils et cadre légal
2.1 Définition du PSE
Le Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE), anciennement appelé « plan social », est un dispositif légal institué par la loi Soisson de 1989 et refondu par la loi de sécurisation de l’emploi du 14 juin 2013. Il désigne l’ensemble des mesures qu’une entreprise doit mettre en œuvre pour éviter ou limiter les licenciements économiques, et à défaut, faciliter le reclassement des salariés concernés.
Le PSE n’est pas un simple document administratif. C’est un véritable outil stratégique qui, bien mené, protège l’entreprise contre les risques juridiques, préserve le climat social et prépare la reconstruction organisationnelle.
2.2 Seuils d’obligation
L’article L.1233-61 du Code du travail établit clairement les conditions cumulatives :
- Taille de l’entreprise : au moins 50 salariés (apprécié au niveau de l’entreprise, non de l’établissement).
- Ampleur du projet : au moins 10 licenciements économiques envisagés sur une période de 30 jours.
Le PSE reste facultatif pour les entreprises de moins de 50 salariés et pour celles de 50 salariés et plus envisageant moins de 10 licenciements sur 30 jours. Attention cependant : même en dessous de ces seuils, des obligations de reclassement s’appliquent.
2.3 Les 4 motifs légaux du licenciement économique
L’article L.1233-3 du Code du travail définit exhaustivement les situations justifiant un licenciement économique :
- Difficultés économiques caractérisées : baisse des commandes, du chiffre d’affaires, pertes d’exploitation, dégradation de la trésorerie ou de l’EBE. La durée exigée varie selon la taille de l’entreprise (1 trimestre pour les TPE, 4 trimestres consécutifs pour les entreprises de 300+ salariés).
- Mutations technologiques : introduction de nouvelles technologies rendant certains postes obsolescents.
- Réorganisation nécessaire à la sauvegarde de la compétitivité : attention, la sauvegarde de la compétitivité n’est pas la recherche de profit supplémentaire.
- Cessation d’activité : arrêt définitif de l’activité de l’entreprise (volontaire ou forcé).
Durée minimale de baisse du CA selon la taille de l’entreprise
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Taille de l’entreprise |
Durée minimale de baisse |
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Moins de 11 salariés |
1 trimestre |
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11 à 49 salariés |
2 trimestres consécutifs |
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50 à 299 salariés |
3 trimestres consécutifs |
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300 salariés et plus |
4 trimestres consécutifs |
3. Contenu obligatoire et mesures facultatives du PSE
3.1 Mesures obligatoires (art. L.1233-62 Code du travail)
Le plan de reclassement constitue le cœur du PSE. Il doit inclure :
- Reclassement interne en France : propositions de postes équivalents au sein de l’entreprise ou du groupe. Des postes de catégorie inférieure peuvent être proposés avec l’accord écrit du salarié.
- Reclassement externe : soutien à la réactivation du bassin d’emploi, aide à la mobilité géographique, partenariats avec des entreprises locales.
- Actions favorisant la reprise d’activité : recherche de repreneurs pour les établissements menacés de fermeture.
- Création d’activités nouvelles : diversification, innovation, nouveaux marchés.
- Soutien à la création d’entreprise : aide financière et accompagnement pour les salariés souhaitant créer ou reprendre une activité.
- Actions de formation et de VAE : reconversion, montee en compétences, bilan de compétences.
- Réduction/aménagement du temps de travail : passage à temps partiel, suppression des heures supplémentaires régulières.
- Congé de reclassement ou CSP : obligatoire selon la taille de l’entreprise (congé de reclassement pour les entreprises de 1 000+ salariés ; Contrat de Sécurisation Professionnelle pour les entreprises de moins de 1 000 salariés).
3.2 Mesures facultatives à forte valeur ajoutée
Au-delà du minimum légal, des mesures complémentaires renforcent la qualité du PSE et sa chance de validation par la DREETS :
- Indemnités supra-légales de licenciement (souvent le principal levier de négociation syndicale).
- Primes d’incitation au départ volontaire.
- Cellule de reclassement externalisée (outplacement).
- Dispositifs d’accompagnement psychologique pour les salariés et les managers.
- Congés de conversion.
- Aide à la mobilité géographique (déménagement, double loyer).
- Portage salarial transitoire.
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Conseil stratégique La suffisance des mesures est appréciée par la DREETS au regard des moyens de l’entreprise ET du groupe. Un PSE déconnecté de la capacité financière réelle du groupe sera refusé à l’homologation. L’affaire Auchan en 2025 l’a rappelé de manière spectaculaire. |
4. Procédure PSE complète étape par étape
La gestion d’un PSE suit un calendrier rigoureux dont le non-respect entraîne la nullité de la procédure. Voici les étapes clés :
4.1 Phase préparatoire (4 à 8 semaines avant le lancement)
- Diagnostic économique et social : analyse financière, cartographie des emplois menacés, évaluation des impacts.
- Constitution du rapport d’analyse économique justifiant le motif du licenciement.
- Définition de la stratégie (accord négocié ou document unilatéral).
- Identification et mobilisation des experts : avocat en droit social, DRH de transition, expert-comptable.
4.2 Phase d’information-consultation du CSE
- Réunion 1 (R1) : présentation du projet de restructuration, du motif économique, du nombre de suppressions envisagées et du projet de PSE.
- Réunions intermédiaires : échanges sur les mesures, négociations, expertises.
- Réunion finale : recueil de l’avis du CSE.
Délais maximaux de consultation à compter de la R1 : 2 mois (10 à 99 licenciements), 3 mois (100 à 249 licenciements), 4 mois (250 licenciements et plus).
4.3 Phase de validation/homologation par la DREETS
L’autorité administrative compétente est la Direction Régionale de l’Économie, de l’Emploi, du Travail et des Solidarités (DREETS), qui peut déléguer l’instruction au niveau départemental (DDETS).
Validation d’un accord collectif : 15 jours pour se prononcer. Contrôle de la légalité de l’accord et du respect des règles de signature.
Homologation d’un document unilatéral : 21 jours. Contrôle étendu portant sur la régularité de la procédure, la suffisance des mesures au regard des moyens de l’entreprise et la conformité légale.
Accord partiel + document unilatéral (hybride) : 15 jours, avec un contrôle combiné des deux régimes.
Point critique : À défaut de décision favorable de la DREETS, tous les licenciements prononcés seraient nuls de plein droit.
4.4 Phase d’exécution
- Notification individuelle des licenciements (respect de l’ordre et des critères retenus).
- Mise en œuvre des mesures d’accompagnement (reclassement, formations, CSP ou congé de reclassement).
- Suivi de la mise en œuvre et reporting à la DREETS.
- Bilan final transmis à la DREETS (obligatoire, sous peine de sanctions administratives).
5. Accord collectif vs. document unilatéral : quel choix stratégique ?
L’employeur est libre de choisir entre la négociation d’un accord collectif majoritaire et l’élaboration d’un document unilatéral. Chaque option présente des avantages et des risques distincts :
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Critère |
Accord collectif |
Document unilatéral |
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Négociation |
Avec syndicats représentatifs (50 % des suffrages) |
Pas de négociation obligatoire |
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Délai DREETS |
15 jours (validation) |
21 jours (homologation) |
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Contrôle administratif |
Légalité de l’accord + règles de signature |
Contrôle étendu : procédure + suffisance des mesures + conformité |
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Risque contentieux |
Réduit (légitimité de la négociation) |
Élevé (plus de latitude de contestation) |
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Flexibilité des mesures |
Forte (possibilité d’adapter la procédure) |
Limitée au cadre légal strict |
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Recommandation |
Privilégier dès que les conditions de signature sont réunies |
En dernier recours ou si absence de délégués syndicaux |
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Tendance 2025-2026 Le recours à des formats hybrides (accord partiel + document unilatéral) progresse. Cette formule permet de négocier certains volets (indemnités, reclassement) tout en conservant la main sur les aspects organisationnels. |
6. Le rôle clé du CSE et les délais de consultation
Le Comité Social et Économique (CSE) est un acteur incontournable du processus PSE. L’employeur doit l’informer et le consulter sur deux volets simultanés : le projet de restructuration économique et le projet de licenciement collectif avec son PSE.
6.1 Missions du CSE dans le cadre du PSE
- Vérifier la réalité et le sérieux du motif économique invoqué.
- Analyser la conformité légale du PSE proposé.
- Défendre les intérêts des salariés et négocier des mesures plus favorables.
- Désigner un expert-comptable (financé par l’employeur) pour analyser la situation économique.
- Rendre un avis motivé dans les délais impartis.
6.2 Délais maximaux de consultation
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Nombre de licenciements |
Délai maximum (depuis R1) |
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10 à 99 |
2 mois |
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100 à 249 |
3 mois |
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250 et plus |
4 mois |
Jurisprudence récente : le Conseil d’État a précisé en octobre 2024 que la consultation du CSE sur la prévention des risques pour la santé des salariés dans le cadre d’un PSE n’a pas à donner lieu à un avis spécifique séparé (CE, 15 octobre 2024, n° 488496).
7. ZOOM — Le DRH de transition : pilier de la restructuration PSE
C’est l’angle mort de nombreuses PME et ETI : lancer un PSE sans expertise RH dédiée. Pourtant, un PSE est avant tout un projet juridico-social d’une complexité considérable, où chaque défaut de procédure peut coûter des centaines de milliers d’euros. Le DRH de transition est le professionnel qui sécurise l’ensemble du dispositif.
7.1 Pourquoi un DRH de transition et non un DRH permanent ?
Dans une PME en restructuration, le dirigeant est souvent seul face à la complexité. Le DRH de transition offre une combinaison unique de compétences :
- Expertise juridique immédiate : maîtrise du Code du travail, des jurisprudences récentes et des attentes spécifiques de la DREETS.
- Neutralité émotionnelle : extérieur aux jeux politiques internes, il prend des décisions objectivées et préserve le climat social.
- Expérience opérationnelle : un DRH de transition sénior a généralement piloté 3 à 10 PSE dans différents secteurs et contextes.
- Maîtrise des relations DREETS : il sait préparer un dossier conforme aux attentes de l’administration et anticiper les points de blocage.
- Gestion des négociations syndicales : posture d’écoute, d’explication et de fermeté calibrée.
- Pilotage des prestataires : coordination des cabinets d’outplacement, avocats, psychologues du travail, experts-comptables.
7.2 Les missions concrètes du DRH de transition en contexte PSE
Le DRH de transition intervient généralement sur 3 à 12 mois selon la complexité du PSE. Son périmètre couvre :
- Diagnostic social et cartographie des risques juridiques.
- Rédaction ou co-rédaction du document PSE (accord ou document unilatéral).
- Pilotage de la procédure d’information-consultation du CSE.
- Animation des réunions CSE et des négociations avec les délégués syndicaux.
- Constitution et dépôt du dossier DREETS.
- Supervision de la mise en œuvre des mesures de reclassement.
- Accompagnement des managers opérationnels (communication interne, gestion des émotions).
- Réorganisation post-PSE : reconstruction de l’organisation cible, montée en compétences des équipes restantes.
7.3 Où trouver les meilleurs DRH de transition ?
Le cabinet Plateya Executive Search s’est positionné comme une référence dans le management de transition, avec un accès direct à un vivier de DRH de transition expérimentés, immédiatement opérationnels et spécialisés dans les restructurations complexes (PSE, fermetures de sites, retournement, intégration post-acquisition).
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➡ Lire notre article détaillé : Restructuration et PSE : sécurisez votre PME
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8. ZOOM — Simulation des coûts : Plateya Executive Search vs. cabinets traditionnels
L’un des freins majeurs pour les PME est le coût perçu du management de transition. Pourtant, le coût réel d’un PSE mal géré est infiniment supérieur au coût de l’expertise externe. Voici une simulation comparative :
8.1 Grille tarifaire comparative
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Poste de coût |
Cabinets traditionnels (Big 4/généralistes) |
Plateya Executive Search |
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Tarif journalier DRH de transition |
1 500 € à 2 500 € HT/jour |
900 € à 1 900 € HT/jour |
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Marge cabinet (intégrée) |
35 à 50 % du TJ |
20 à 30 % du TJ |
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Mission PSE 6 mois (base 15 j/mois) |
135 000 € à 225 000 € HT |
81 000 € à 171 000 € HT |
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Frais de structure / setup |
5 000 € à 15 000 € |
Inclus |
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Délai de mobilisation |
2 à 4 semaines |
48h à 1 semaine |
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Économie potentielle |
— |
30 à 40 % d’économie |
NOUVEAU : Explorez les coûts d'un DRH de transition grâce à notre simulteur de coûts management de transition.
8.2 Le coût caché d’un PSE sans expert
Le véritable enjeu financier d’un PSE ne réside pas dans le coût de l’expertise, mais dans le coût des erreurs :
- Annulation du PSE par le tribunal administratif : obligation de réintégrer les salariés licenciés avec paiement des salaires intercalaires (coût moyen estimé : 50 000 à 200 000 € par salarié).
- Condamnation pour PSE insuffisant : indemnités supplémentaires pouvant atteindre 12 mois de salaire.
- Dégradation du climat social : absenteeisme, baisse de productivité, démission des talents clés restants.
- Atteinte réputationnelle : couverture médiatique négative, difficultés de recrutement ultérieures.
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L’équation économique est claire Un DRH de transition à 1 200 €/jour sur 6 mois représente un investissement d’environ 108 000 € HT. L’annulation d’un PSE pour vice de procédure peut coûter plusieurs millions d’euros en réintégrations et dommages. Le ROI de l’expertise est immédiat. |
9. Les 7 erreurs fatales à éviter lors d’un PSE
Erreur n°1 : Sous-estimer le délai de préparation
Un PSE ne se lance pas en urgence. Le diagnostic économique, la constitution du dossier et la stratégie sociale exigent 4 à 8 semaines de préparation avant la première réunion CSE.
Erreur n°2 : Négliger la consultation CSE
Un vice de procédure dans l’information-consultation du CSE entraîne la nullité du PSE. Les délais, la documentation transmise et la qualité des échanges doivent être irréprochables.
Erreur n°3 : Proposer un PSE déconnecté des moyens du groupe
La DREETS apprécie la suffisance des mesures au regard des moyens financiers de l’ensemble du groupe, pas seulement de l’entité concernée. L’affaire Auchan/Mulliez en 2025 est un cas d’école.
Erreur n°4 : Oublier l’impact psychologique
Les risques psychosociaux (RPS) doivent être anticipés et gérés dès l’annonce du projet. Soutien psychologique, permanences, formation des managers à la gestion de crise : ces mesures sont évaluées par la DREETS.
Erreur n°5 : Gérer le PSE sans expertise RH dédiée
Un dirigeant de PME qui pilote son PSE seul s’expose à des risques juridiques majeurs. Le recours à un DRH de transition est un investissement de sécurisation, pas un luxe.
Erreur n°6 : Confondre PSE et « simple » plan de licenciement
Le PSE est un dispositif global qui va bien au-delà des licenciements : il inclut la stratégie de reclassement, les mesures d’accompagnement, la reconstruction de l’organisation.
Erreur n°7 : Négliger le « jour d’après »
La reconstruction post-PSE est aussi critique que la procédure elle-même. Montée en compétences, réengagement des équipes, nouveau projet d’entreprise : c’est là que se joue la performance future.
10. Après le PSE : bilan, recours et reconstruction
10.1 Le bilan obligatoire
L’entreprise doit transmettre à la DREETS un bilan détaillé de l’application des mesures du PSE. Ce document doit préciser : le nombre de reclassements internes réalisés, les modalités de départ effectives, le taux d’adhésion aux dispositifs d’accompagnement, et la situation professionnelle des salariés à l’issue du processus.
Attention : l’absence de transmission de ce bilan ou sa transmission incomplète peut entraîner des sanctions administratives.
10.2 Les voies de recours
Le PSE peut être contesté devant le tribunal administratif (pas le conseil de prud’hommes) par les organisations syndicales, le CSE ou les salariés individuellement. Le délai de recours est généralement de 2 mois à compter de la notification de la décision de validation ou d’homologation.
Jurisprudence récente : le Conseil d’État a précisé en juin 2025 que lorsque l’homologation d’un PSE est annulée, l’employeur ne doit reprendre toutes les étapes de la procédure de consultation que si les modifications apportées au PSE sont substantielles (CE, 27 juin 2025, n° 463870).
10.3 La reconstruction : le vrai défi stratégique
La vraie question n’est pas « Comment réduire les effectifs ? » mais « Comment reconstruire ? ». Après un PSE, l’entreprise doit :
- Redéfinir son organisation cible et les fiches de poste.
- Accompagner la montée en compétences des équipes restantes.
- Rétablir la confiance et l’engagement (le « syndrome du survivant » est réel).
- Clarifier le nouveau projet d’entreprise.
- Renforcer le dialogue social pour l’avenir.
C’est précisément dans cette phase que le DRH de transition apporte le plus de valeur, en structurant la réorganisation et en transférant les compétences à l’équipe interne.
11. FAQ — Les 12 questions les plus fréquentes sur le PSE
Le PSE est-il obligatoire pour toutes les entreprises ?
Non. Le PSE est obligatoire uniquement pour les entreprises d’au moins 50 salariés qui envisagent le licenciement économique d’au moins 10 salariés sur 30 jours.
Quelle est la différence entre validation et homologation ?
La validation concerne les accords collectifs (contrôle en 15 jours). L’homologation concerne les documents unilatéraux (contrôle plus étendu en 21 jours).
Qui peut contester un PSE ?
Les organisations syndicales, le CSE et les salariés individuellement peuvent contester devant le tribunal administratif dans un délai de 2 mois.
Un PSE peut-il être annulé ?
Oui. Un PSE peut être annulé pour vice de procédure, insuffisance des mesures ou irrégularité de l’accord. Les licenciements prononcés seraient alors nuls.
Combien de temps dure un PSE ?
De la phase préparatoire à la clôture du bilan, un PSE s’étale généralement sur 6 à 18 mois, selon l’ampleur du projet.
Qu’est-ce que le CSP (Contrat de Sécurisation Professionnelle) ?
Le CSP est un dispositif d’accompagnement renforcé proposé aux salariés licenciés dans les entreprises de moins de 1 000 salariés. Il offre une allocation spécifique et un parcours de retour à l’emploi.
Un salarié peut-il refuser le CSP ?
Oui, le salarié est libre d’accepter ou de refuser le CSP. En cas de refus, il sera licencié selon la procédure classique de licenciement économique.
Que se passe-t-il si la DREETS ne répond pas dans les délais ?
Le silence de la DREETS vaut décision implicite d’acceptation (validation implicite pour l’accord, homologation implicite pour le document unilatéral).
Les entreprises en redressement judiciaire sont-elles soumises au PSE ?
Oui, mais avec des aménagements procéduraux. L’administrateur judiciaire ou le mandataire se substitue à l’employeur pour certaines obligations.
Peut-on licencier pendant la négociation du PSE ?
Non. Aucun licenciement ne peut être notifié avant la décision de validation ou d’homologation par la DREETS.
Un DRH de transition remplace-t-il le DRH en poste ?
Il peut le remplacer en cas d’absence ou intervenir en renfort spécifique sur le projet PSE. Sa mission est temporaire (3 à 12 mois) et centrée sur la réussite du projet.
La rupture conventionnelle collective (RCC) est-elle une alternative au PSE ?
La RCC est un dispositif distinct, négocié par accord collectif, qui repose exclusivement sur le volontariat. Elle ne constitue pas un PSE mais peut le compléter dans certaines stratégies de restructuration.
12. Conclusion : sécuriser son PSE, un impératif stratégique
Gérer un PSE n’est ni une fatalité, ni une simple formalité administrative. C’est une opération stratégique à fort impact humain, juridique et financier qui exige préparation, expertise et méthode.
En 2026, face à la multiplication des restructurations et au renforcement du contrôle administratif et judiciaire, trois principes s’imposent :
- Anticiper : un PSE préparé en amont est un PSE sécurisé.
- S’entourer : le DRH de transition est le garant de la conformité juridique et de la qualité du dialogue social.
- Reconstruire : le PSE n’est pas une fin, c’est le début d’une nouvelle étape pour l’entreprise.
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SOURCES ET RÉFÉRENCES
Code du travail, articles L.1233-3, L.1233-61, L.1233-62 et suivants.
DARES, Les dispositifs publics d’accompagnement des restructurations, T3 2025.
Ministère du Travail, travail-emploi.gouv.fr, Le plan de sauvegarde de l’emploi.
Service-public.fr, Fiche PSE F2811.
CE, 15 octobre 2024, n° 488496 ; CE, 27 juin 2025, n° 463870 ; Cass. soc., 5 novembre 2025, n° 24-11.723.
CGT, Recensement des plans sociaux 2023-2025.