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Départ collaborateur et rupture de contrat : calcul du solde de tout compte

22 Fév 2026 à 14:38

Erreur de calcul, délai mal compris, reçu mal rédigé… Le solde de tout compte est l’une des premières causes de contentieux prud’homal. Voici le guide expert pour le maîtriser sans risque.

 

Le solde de tout compte : guide complet pour sécuriser juridiquement vos ruptures de contrat


 

Le solde de tout compte est un document obligatoire remis à la fin du contrat de travail. Mal calculé ou mal rédigé, il peut ouvrir la voie à un contentieux devant le conseil de prud’hommes. Ce guide détaillé explique les règles légales, les méthodes de calcul, les indemnités selon le mode de rupture, les délais de remise et les pièges fiscaux. Objectif : protéger juridiquement l’employeur tout en respectant le collaborateur jusqu’au dernier jour.


 

 

 

Ce que dit la loi sur le solde de toute compte : un document obligatoire, pas une formalité


Le solde de tout compte est encadré par l’article L1234-20 du Code du travail et s’impose à toute rupture de contrat, quel qu’en soit le motif.


Introduction 


Le solde de tout compte figure parmi les documents les plus contestés devant les conseils de prud’hommes. Non pas parce qu’il est complexe en soi, mais parce qu’il est souvent mal calculé, mal compris ou mal rédigé.


Or l’enjeu est double :


👉 sécuriser juridiquement l’entreprise
👉 respecter le collaborateur jusqu’à son dernier jour

Maîtriser ce document n’est pas une formalité administrative. C’est un acte de gestion rigoureuse.



1. Ce que dit la loi : un document obligatoire, pas une formalité


Le solde de tout compte est prévu par l’article L1234-20 du Code du travail.

Il doit être remis au salarié à la rupture du contrat, quel que soit le motif :


  • Démission

  • Licenciement

  • Rupture conventionnelle

  • Fin de CDD

  • Départ à la retraite

Il récapitule les sommes versées lors de la rupture.



Ce que risque l’employeur en cas d’erreur

  • Contentieux devant le conseil de prud’hommes

  • Paiement de rappels de salaires

  • Dommages-intérêts

  • Risque URSSAF en cas d’erreur de cotisations

  • Amende en cas de retard de documents obligatoires

Un calcul erroné peut coûter bien plus cher que le temps passé à le vérifier.



2. Les composantes universelles du solde de tout compte

Certaines sommes sont présentes dans quasiment toutes les ruptures.


2.1 Salaire du mois en cours (au prorata)

 

 

Formule :

Salaire mensuel ÷ nombre de jours ouvrés × jours travaillés


Exemple :


Salaire mensuel brut : 3 000 €
Mois de 22 jours ouvrés
Départ le 10e jour


3 000 ÷ 22 × 10 = 1 363,64 €



2.2 Indemnité compensatrice de congés payés



Deux méthodes doivent être comparées :


  1. Méthode du maintien de salaire

  2. Méthode du dixième (10 % de la rémunération brute totale)

L’employeur applique la méthode la plus favorable au salarié.


Exemple :


Rémunération brute annuelle : 36 000 €
Congés non pris : 10 jours

Méthode du dixième : 36 000 × 10 % = 3 600 €
À proratiser selon jours restants.



2.3 Indemnité compensatrice de préavis


Due si le salarié est dispensé d’effectuer son préavis.

Elle correspond au salaire qu’il aurait perçu pendant la durée du préavis.



2.4 Primes et éléments variables


À intégrer :

  • 13e mois proratisé

  • Prime d’ancienneté

  • Commissions commerciales

  • Bonus contractuels

Attention : seules les primes acquises doivent être versées.


2.5 Indemnité compensatrice de RTT

Les jours RTT non pris doivent être indemnisés selon les règles prévues par l’accord collectif.


Encadré pratique : exemple global (fin de CDD)

 

Élément Montant
Salaire proratisé 1 500 €
Congés payés 800 €
Prime précarité (10 %) 230 €
RTT 200 €
Total brut 2 730 €


3. Les indemnités spécifiques selon le mode de rupture


C’est ici que les erreurs sont les plus fréquentes.


3.1 Licenciement

L’indemnité légale est calculée selon :

  • 1/4 de mois de salaire par année d’ancienneté (jusqu’à 10 ans)

  • 1/3 au-delà

Salaire de référence = moyenne des 12 ou 3 derniers mois (méthode la plus favorable).

Pas d’indemnité en cas de faute grave ou lourde.



3.2 Rupture conventionnelle


L’indemnité minimale est identique à l’indemnité légale de licenciement.

Elle peut être négociée à la hausse.

Attention à l’homologation par la DREETS.



3.3 Fin de CDD


Prime de précarité = 10 % de la rémunération brute totale.

Exceptions :

  • Embauche en CDI immédiate

  • Contrat saisonnier

  • Faute grave

  • Refus CDI équivalent



3.4 Démission

Seules sont dues :

  • Salaire

  • Congés payés

  • RTT


Pas d’indemnité spécifique.


4. Délais et modalités de remise



Il n’existe aucun délai légal de 8 ou 15 jours.

Le solde de tout compte doit être remis à la fin effective du contrat.

Trois cas :

  1. Préavis effectué → dernier jour travaillé

  2. Dispense de préavis → fin théorique du préavis

  3. Rupture conventionnelle → date fixée dans la convention


Modalités de remise

 

  • Main propre contre décharge

  • Lettre recommandée avec AR

  • Signature électronique sécurisée

Le paiement peut être :

  • Virement

  • Chèque

  • Espèces (dans la limite légale)



5. Le reçu pour solde de tout compte : mentions et effets juridiques


Le reçu doit mentionner :

  • Le détail précis des sommes versées

  • La date de signature

  • La mention « pour solde de tout compte »

Point stratégique

La signature du salarié n’est pas obligatoire.
L’employeur ne peut conditionner le paiement à cette signature.

Trois options pour le salarié :

  1. Signature sans réserve → 6 mois pour contester

  2. Signature avec réserve → délai normal de contestation (3 ans)

  3. Refus de signature → 3 ans

Peu de managers connaissent cette subtilité. Elle est pourtant déterminante.



6. Traitement fiscal et social : les pièges


Certaines indemnités sont soumises à cotisations, d’autres partiellement exonérées.

En règle générale :

  • Salaire, congés, RTT → soumis à cotisations

  • Indemnité légale de licenciement → exonérée dans certaines limites

Attention aux plafonds URSSAF et aux seuils fiscaux.

Une mauvaise anticipation peut générer un surcoût employeur significatif.


7. Checklist : vers un calcul juste du solde de toute compte


Dès l’annonce de la rupture :

  • Vérifier la convention collective

  • Identifier les droits acquis

  • Calculer les congés restants

  • Vérifier les primes contractuelles


Avant remise :

  • Détail ligne par ligne

  • Double vérification des formules

  • Validation expert-comptable si doute

À conserver :

  • Copie du reçu

  • Preuve de remise

  • Calculs détaillés
    Durée recommandée : 3 ans minimum.



Documents à remettre simultanément


  • Certificat de travail

  • Attestation France Travail

  • État récapitulatif épargne salariale

  • Information portabilité mutuelle

 

 

Besoin d’un avocat en droit social pour sécuriser votre rupture contractuelle ?


Une rupture de contrat mal encadrée ne se voit pas toujours immédiatement. Elle se révèle souvent plusieurs mois plus tard… devant le conseil de prud’hommes.


Erreur de calcul sur une indemnité.
Clause contractuelle mal interprétée.
Procédure irrégulière.
Délais mal respectés.


Pour un dirigeant de PME, ces erreurs sont rarement intentionnelles. Elles sont souvent liées à une mauvaise lecture d’un texte, à une convention collective complexe ou à une évolution jurisprudentielle non anticipée.



⚖️ Ce qu’un avocat en droit social sécurise concrètement


Un avocat spécialisé ne se contente pas de relire un document. Il :


  • Vérifie la conformité de la procédure (convocation, entretien, délais)

  • Contrôle le calcul des indemnités légales et conventionnelles

  • Analyse les clauses sensibles (non-concurrence, variable, primes)

  • Évalue le risque contentieux réel

  • Rédige ou sécurise les protocoles transactionnels si nécessaire


Il apporte surtout une lecture stratégique :
quelle est l’exposition juridique réelle de l’entreprise ?



🎯 Quand son intervention est particulièrement pertinente


  • Licenciement d’un cadre avec part variable importante

  • Rupture conventionnelle à forte indemnité négociée

  • Situation conflictuelle ou climat tendu

  • Ancienneté élevée

  • Salarié protégé ou contexte sensible


Dans ces cas, le coût d’un accompagnement juridique est souvent marginal comparé au risque financier d’un contentieux.



💡 Une logique d’investissement, pas de défense


Faire appel à un avocat en droit social n’est pas un aveu de faiblesse.
C’est un acte de gestion préventive.


Une rupture contractuelle sécurisée protège :

  • Votre trésorerie

  • Votre temps

  • Votre réputation

  • Votre sérénité managériale


Car en matière sociale, l’improvisation coûte toujours plus cher que l’anticipation.

 


Conclusion


Le solde de tout compte est la dernière trace que vous laissez à un collaborateur.

Un document approximatif peut coûter des milliers d’euros en contentieux.
Un document rigoureux protège votre entreprise et démontre votre professionnalisme.

La sécurité juridique ne repose pas sur la chance.
Elle repose sur la méthode.


🎯 Passez à l’action

Si un doute subsiste sur vos calculs ou votre process :

Car en matière de rupture de contrat, la rigueur coûte toujours moins cher que le contentieux.

 

 

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Damien GRANGIENS - Fondateur de Plateya

Fondateur de Plateya : outil collaboratif augmenté pour les office managers freelance et assistantes digitales

Fondateur de Plateya, je travaille depuis 5 ans avec des office managers et assistants indépendants sur la transformation digitale et les nouvelles pratiques et techniques agiles exigées dans le développement de leur activité.

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