Abandon de poste = démission ? Découvrez ce que dit la loi 2023, les exceptions et comment préserver vos droits au chômage malgré tout ⚖️
Peut-on encore toucher le chômage après un abandon de poste en 2025 ?
L’abandon de poste n’est plus une voie détournée vers les allocations chômage.
Depuis la réforme de 2023, il est présumé être une démission, sauf preuve de motif légitime. Dans cet article, nous vous expliquons tout ce que vous devez savoir en tant que salarié ou dirigeant de TPE-PME, pour comprendre les implications de cette réforme, éviter les pièges juridiques et préserver vos droits.
Voir notre dossier sur l'abandon de poste en 2025
🧮 Le chiffre clé : 70 % des abandons de poste ne donnent plus droit au chômage
Depuis le décret du 17 avril 2023, l’abandon de poste est désormais assimilé à une démission, sauf exceptions limitées (santé, sécurité, harcèlement…) [source : Les Échos, 2024]. Résultat : selon les premiers retours de Pôle emploi, près de 7 situations sur 10 n’ouvrent plus droit à l’indemnisation chômage.
👉 Avant la réforme, l’abandon de poste représentait environ 123 000 cas par an, soit près de 30 % des ruptures de CDI en France [DARES, 2022].
Cette nouvelle réalité juridique pousse autant les salariés que les employeurs à repenser en profondeur leurs pratiques : un simple départ non encadré peut désormais entraîner la perte totale des droits, tandis que les dirigeants doivent choisir avec rigueur entre présomption de démission ou licenciement disciplinaire.
🧭 Qu’est-ce qu’un abandon de poste aujourd’hui ?
L’abandon de poste consiste pour un salarié à cesser de travailler sans prévenir ni justifier son absence. Ce comportement se distingue d’une démission car il ne s’accompagne d’aucune notification formelle au dirigeant ou au service RH.
Exemples typiques :
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Un salarié quitte les locaux en milieu de journée et ne revient pas ;
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Il ne se présente plus après ses congés, sans certificat médical ni explication.
Jusqu’à fin 2023, cette situation relevait d’une zone grise juridique : ce n’était ni une démission, ni formellement un licenciement… sauf si l’employeur engageait une procédure disciplinaire.
Mais ça, c’était avant.
⚖️ Ce que change la réforme de 2023 : la présomption de démission
Le nouveau cadre juridique
Depuis le 1er décembre 2023, la loi « Marché du travail » rebat les cartes. En cas d’abandon de poste, le salarié est présumé démissionnaire s’il ne reprend pas le travail malgré une mise en demeure écrite.
🔹 Mise en demeure = déclencheur juridique
L’employeur doit envoyer au salarié une lettre (généralement en recommandé avec AR), lui demandant de justifier son absence ou de reprendre le travail dans un délai d’au moins 15 jours.
Sans réponse ou justification valable → la relation de travail prend fin automatiquement, sans procédure de licenciement.
Quelles conséquences ?
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Pas de préavis
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Pas d’indemnité de licenciement
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Pas de droit aux allocations chômage (ARE)
👉 En d’autres termes : abandonner son poste = perdre ses droits, sauf cas très spécifiques.
📌 Exceptions : quand peut-on encore percevoir le chômage ?
La loi prévoit heureusement des motifs légitimes permettant de contester la présomption de démission.
🔍 Quels sont les motifs recevables ?
Voici les cas dans lesquels un salarié peut contester la démission et espérer obtenir ses droits au chômage :
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Harcèlement moral ou sexuel avéré
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Mise en danger grave et immédiate de sa santé ou sécurité
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Retards ou absence de paiement de salaire
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Conditions de travail contraires à la dignité
👉 Le salarié devra saisir le conseil de prud’hommes et prouver ces éléments. Si le juge lui donne raison, la rupture du contrat pourra être requalifiée en licenciement injustifié, ouvrant droit au chômage.
Cas particulier : l'employeur choisit de licencier
Certains dirigeants préfèrent, par habitude ou prudence juridique, licencier le salarié pour faute grave plutôt que d’appliquer la présomption.
Dans ce cas :
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La rupture est formalisée par un licenciement
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Le salarié ouvre droit aux allocations chômage (sauf faute lourde, extrêmement rare)
🧪 Cas pratiques pour mieux comprendre l'abandon de poste
| Cas | Situation | Conséquences |
| 1️⃣ | Je quitte mon poste, mon employeur m’envoie une mise en demeure, je ne réponds pas | Je suis présumé démissionnaire → ❌ pas de chômage |
| 2️⃣ | Je quitte mon poste à cause d’un harcèlement avéré, mon employeur applique la présomption de démission | Je saisis les prud’hommes → si je gagne, ✅ droit au chômage |
| 3️⃣ | Mon employeur me licencie pour faute grave (absence injustifiée) | ✅ Je touche les allocations chômage |
🧩 Les implications pour les dirigeants de TPE-PME
Pourquoi bien appliquer la procédure ?
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Une erreur de procédure peut entraîner une requalification de la rupture avec condamnation à verser des indemnités.
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Le choix entre la présomption de démission ou le licenciement doit être stratégique selon les cas (sécurité juridique vs coût social).
Bonnes pratiques à adopter :
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Conserver des preuves écrites de la mise en demeure
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Être vigilant sur les délais (minimum 15 jours)
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Envisager une assistance juridique en cas de situation sensible (risque de harcèlement, conflit ancien, etc.)
🧭 Conclusion : ce qu’il faut retenir
👉 L’abandon de poste n’est plus un raccourci pour accéder au chômage.
Depuis 2023 :
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Il est présumé équivalent à une démission.
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Le salarié perd ses droits au chômage, sauf preuve d’un motif légitime.
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Le choix de l’employeur (présomption ou licenciement) peut changer la donne.
📣 Dirigeants : sécurisez vos procédures RH.
📣 Salariés : avant de quitter votre poste, informez-vous, consultez un avocat si besoin. Un mauvais choix peut vous coûter cher.