retour

Accueil > Blog > Stratégie RSE > Bilan Carbone 2026 : Guide Complet Définition, Méthode, Obli...

Bilan Carbone 2026 : Guide Complet Définition, Méthode, Obligations

19 Mar 2026 à 17:39

Bilan carbone : définition, méthode Bilan Carbone® V9, obligations BEGES 2026, CSRD, VSME, scopes 1-2-3, outils de calcul et plan d’action pour les entreprises.


Bilan Carbone : Définition, Méthodologie, Obligations et Mise en Œuvre pour les Entreprises

Tout ce que les dirigeants de TPE, PME et ETI doivent savoir pour mesurer, comprendre et réduire leur empreinte carbone en 2026.


 

Sommaire


 

1. Qu’est-ce qu’un bilan carbone ? Définition et enjeux stratégiques

2. Bilan Carbone®, BEGES, GHG Protocol : quelles différences ?

3. Les trois scopes d’émissions expliqués

4. Qui est concerné par le bilan carbone obligatoire en 2026 ?

5. La méthode Bilan Carbone® V9 : les 7 étapes clés

6. [Encart Expert] Comment calculer son bilan carbone : outils et simulateurs

7. Réduire ses émissions : plan d’action concret

8. CSRD, Omnibus et nouvelles règles du jeu 2026

9. [Encart Expert] La norme VSME : le reporting durabilité accessible aux PME

10. Coût d’un bilan carbone et financements disponibles

11. FAQ – Les questions les plus posées sur le bilan carbone

 



1. Qu’est-ce qu’un bilan carbone ? Définition et enjeux stratégiques


Définition complète du bilan carbone


Le bilan carbone est un diagnostic qui quantifie l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre (GES) générées directement ou indirectement par une organisation, un produit, un événement ou un territoire. Le résultat s’exprime en tonnes d’équivalent CO (tCOe) et prend en compte les sept gaz visés par le Protocole de Kyoto : dioxyde de carbone (CO), méthane (CH), protoxyde d’azote (NO), hydrofluorocarbures (HFC), perfluorocarbures (PFC), hexafluorure de soufre (SF) et trifluorure d’azote (NF).

Concrètement, réaliser un bilan carbone revient à cartographier chaque flux physique de l’entreprise – énergie consommée, matières premières achetées, déplacements professionnels, fret, déchets produits, immobilisations – et à les convertir en émissions de GES grâce à des facteurs d’émission fournis par des bases de référence comme la Base Carbone® de l’ADEME.


Pourquoi le bilan carbone est devenu un outil stratégique en 2026



Longtemps perçu comme une contrainte réglementaire réservée aux grands groupes, le bilan carbone s’impose désormais comme un véritable outil de pilotage stratégique. Plusieurs facteurs convergent en 2026 pour transformer cette mesure en levier de compétitivité :


Accès aux financements : les banques et investisseurs intègrent systématiquement les données ESG dans leurs critères d’octroi. Un bilan carbone structuré facilite l’accès au crédit et aux financements durables.

Chaîne de valeur : les grandes entreprises soumises à la CSRD exigent désormais des données carbone de leurs fournisseurs. Ne pas disposer d’un bilan, c’est risquer d’être écarté des appels d’offres.

Réduction des coûts : la cartographie des émissions révèle systématiquement des gisements d’économies énergétiques et d’optimisation des achats.

Marque employeur : selon le baromètre Great Place To Work, les salariés recherchent de plus en plus des entreprises engagées dans la transition écologique.


À retenir : empreinte carbone moyenne d’un Français

L’empreinte carbone moyenne d’un Français avoisine les 9 à 10 tonnes de COe par an. L’objectif fixé par l’Accord de Paris pour limiter le réchauffement à +1,5°C impose de réduire cette empreinte à 2 tonnes de COe par personne et par an d’ici 2050. L’écart à combler est considérable et implique une mobilisation de tous les acteurs économiques.



2. Bilan Carbone®, BEGES, GHG Protocol : quelles différences ?


La confusion entre ces trois notions est fréquente. Pourtant, elles ne recouvrent pas la même réalité.



Le Bilan Carbone®


Le Bilan Carbone® est une méthode de comptabilité carbone créée par Jean-Marc Jancovici pour le compte de l’ADEME en 2004. Aujourd’hui portée par l’Association pour la transition Bas Carbone (ABC), elle constitue la méthode la plus utilisée en France avec une communauté de plus de 20 000 experts formés. C’est une démarche volontaire, mais qui peut servir à satisfaire les obligations réglementaires du BEGES. La version 9 (V9), publiée en janvier 2025, introduit trois niveaux de maturité (initial, standard, avancé) et passe de 5 à 7 étapes méthodologiques.


Le BEGES réglementaire


Le Bilan d’Émissions de Gaz à Effet de Serre (BEGES) est l’obligation légale prévue par l’article L.229-25 du Code de l’environnement. Il impose aux structures dépassant certains seuils de salariés ou d’habitants de réaliser périodiquement un inventaire de leurs émissions et de le publier sur la plateforme officielle de l’ADEME, accompagné d’un plan de transition. Depuis le 1er janvier 2023, ce BEGES intègre obligatoirement les scopes 1, 2 et 3.


Le GHG Protocol


Le GHG Protocol (Greenhouse Gas Protocol) est le standard international de référence, développé par le World Resources Institute (WRI) et le WBCSD. Il structure les émissions en trois scopes et sert de base aux normes européennes ESRS utilisées dans le cadre de la CSRD. Il est indispensable dès que l’on vise une reconnaissance internationale (SBTi, CDP) ou un reporting CSRD.

 

Critère

Bilan Carbone® (ABC)

BEGES réglementaire

GHG Protocol

Origine

ADEME / ABC (France)

Code de l’environnement (France)

WRI / WBCSD (international)

Caractère

Volontaire (méthode de référence)

Obligatoire au-delà des seuils

Volontaire (standard mondial)

Scopes couverts

Scopes 1, 2 et 3 (complet)

Scopes 1, 2 et 3 depuis 2023

Scopes 1, 2 et 3

Niveaux de maturité

3 niveaux (V9, 2025) : initial, standard, avancé

Non applicable

Non applicable

Compatibilité CSRD/ESRS

Oui (aligné)

Oui (socle national)

Oui (base des ESRS)

 

Conseil pratique pour les dirigeants

Les méthodologies françaises et internationales sont largement compatibles. Pour une entreprise française en 2026, la meilleure approche consiste à utiliser la méthode Bilan Carbone® pour la collecte et l’analyse, tout en structurant le reporting final selon les principes du GHG Protocol pour satisfaire les exigences CSRD et internationales.



3. Les trois scopes d’émissions expliqués


La catégorisation des émissions en scopes 1, 2 et 3 est la norme internationale établie par le GHG Protocol. Elle permet de distinguer les émissions selon leur proximité avec l’entreprise et le degré de contrôle que celle-ci exerce sur elles.

 

Scope

Périmètre

Exemples concrets

Scope 1

Émissions directes de l’entreprise

Chauffage gaz des locaux, véhicules de société, fuites de fluides frigorigènes

Scope 2

Émissions indirectes liées à l’énergie

Achat d’électricité, vapeur, chaleur ou froid pour les bâtiments et process

Scope 3

Autres émissions indirectes (chaîne de valeur)

Achats fournisseurs, déplacements salariés, fret, fin de vie produits, immobilisations

 



Le poids prépondérant du Scope 3


Pour la majorité des entreprises, le scope 3 représente entre 70 et 90 % de l’empreinte carbone totale. C’est à la fois le périmètre le plus complexe à mesurer – car il implique de remonter l’ensemble de la chaîne de valeur – et le plus riche en leviers de réduction. Ignorer le scope 3, c’est passer à côté de l’essentiel de son impact climatique.



Les 6 catégories du BEGES depuis 2023



La France a fait évoluer sa réglementation en 2022 (décret de juillet) pour remplacer la classification en 3 scopes par 6 catégories d’émissions plus explicites dans le cadre du BEGES : émissions directes, émissions indirectes associées à l’énergie, émissions indirectes associées au transport, émissions indirectes associées aux produits achetés, émissions indirectes associées aux produits vendus, et autres émissions indirectes. Cette nomenclature française reste parfaitement compatible avec les trois scopes du GHG Protocol.

 

4. Qui est concerné par le bilan carbone obligatoire en 2026 ?


Les obligations en France (BEGES réglementaire)


L’article L.229-25 du Code de l’environnement impose la réalisation d’un BEGES aux structures suivantes :

 

Structure concernée

Seuil

Fréquence

Cadre juridique

Entreprises (métropole)

500+ salariés

Tous les 4 ans

Art. L.229-25 Code env.

Entreprises (outre-mer)

250+ salariés

Tous les 4 ans

Art. L.229-25 Code env.

Collectivités territoriales

50 000+ habitants

Tous les 3 ans

Art. L.229-25 Code env.

Établissements publics

250+ agents

Tous les 3 ans

Art. L.229-25 Code env.

Grandes entreprises (CSRD)

1 000+ salariés et 450 M€ CA

Annuel

Directive CSRD / Omnibus

 

 

 

Sanctions en cas de non-conformité



La loi relative à l’industrie verte d’octobre 2023 a considérablement renforcé les sanctions : l’amende peut désormais atteindre 50 000 euros pour une première omission et 100 000 euros en cas de récidive. Au-delà des sanctions financières, le non-respect de cette obligation peut entraîner l’exclusion des marchés publics et le conditionnement de l’accès aux aides publiques à la transition écologique. Malgré ce renforcement, le taux de conformité reste préoccupant : en 2025, seuls 31 % des entreprises concernées respectaient leur obligation de BEGES.


L’impact de la CSRD et de la directive Omnibus

La directive européenne CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) imposait initialement un reporting annuel de durabilité à un large panel d’entreprises. Le vote de la directive Omnibus en décembre 2025, publiée au Journal officiel de l’UE le 26 février 2026, a considérablement remodelé ce paysage en relevant les seuils d’éligibilité à 1 000 salariés et 450 millions d’euros de chiffre d’affaires. Résultat : environ 80 % des entreprises initialement concernées sont désormais exemptées de la CSRD complète.

Pour autant, cette exemption ne signifie pas exemption d’effort : les entreprises restant sous le seuil CSRD subissent une pression indirecte croissante de la part de leurs donneurs d’ordres, banques et investisseurs qui exigent des données ESG structurées. C’est précisément là qu’intervient la norme VSME (détaillée en section 9).


Plateya vous accompagne

Vous dirigez une TPE ou PME et souhaitez structurer votre démarche carbone sans y consacrer un budget disproportionné ? Plateya met à votre disposition des consultants RSE indépendants spécialisés, capables de réaliser votre bilan carbone et de construire un plan d’action sur mesure. Découvrez nos experts sur plateya.fr

 

 

5. La méthode Bilan Carbone® V9 : les 7 étapes clés


La version 9 de la méthode Bilan Carbone®, entrée en application en janvier 2025, représente une évolution majeure. Elle passe de 5 à 7 étapes méthodologiques et introduit trois niveaux de maturité pour que chaque organisation progresse à son rythme.


Étape 1 : Cadrage et sensibilisation


Définir le périmètre de l’étude (organisationnel et opérationnel), identifier les parties prenantes clés et sensibiliser la direction et les équipes aux enjeux climat. Cette étape conditionne la qualité de l’ensemble de la démarche.


Étape 2 : Collecte des données


Rassembler les données d’activité de l’organisation : factures énergétiques, kilomètres parcourus, tonnages de matières achetées, mètres carrés de bâtiments, volume de déchets, etc. La fiabilité du bilan repose directement sur la qualité des données collectées.


Étape 3 : Calcul des émissions

Convertir chaque donnée d’activité en émissions de GES en appliquant les facteurs d’émission de la Base Carbone® de l’ADEME. Le résultat est ventilé par scope (ou catégorie réglementaire) et par poste d’émission.


Étape 4 : Analyse et interprétation

Identifier les postes les plus émetteurs, comprendre les dépendances aux énergies fossiles, évaluer les risques et opportunités liés au climat. Cette analyse constitue le socle du plan d’action.


Étape 5 : Définition du plan d’action

Construire une trajectoire de réduction alignée sur les objectifs de la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) ou de la Science Based Targets Initiative (SBTi). Chaque action est chiffrée en termes de réduction d’émissions et de retour sur investissement.

Étape 6 : Mise en œuvre et suivi

Déployer les actions, définir des indicateurs de suivi, organiser la gouvernance climat au sein de l’organisation. Le suivi régulier permet d’ajuster la trajectoire et de maintenir la dynamique.


Étape 7 : Communication et valorisation

Publier les résultats sur la plateforme ADEME (pour les organisations soumises au BEGES), communiquer auprès des parties prenantes (clients, investisseurs, collaborateurs) et valoriser les progrès réalisés dans une logique de transparence.


Les 3 niveaux de maturité de la V9

Niveau initial : correspond au socle BEGES (scopes 1 et 2), adapté aux entreprises qui débutent leur démarche carbone.

Niveau standard : équivalent au Bilan Carbone® historique (scopes 1, 2 et 3 complets), pour les organisations déjà engagées.

Niveau avancé : destiné aux entreprises ayant déjà réalisé plusieurs bilans et souhaitant affiner leur analyse et intégrer des indicateurs de performance avancés.

 

 

6. Comment calculer son bilan carbone : outils et simulateurs

 

💡  EXPERT : Calculer son empreinte carbone en pratique


Deux outils publics et gratuits permettent aux particuliers comme aux organisations d’obtenir une première estimation de leur empreinte carbone. Voici leur analyse comparée, réalisée à partir des données officielles de l’ADEME et de l’ABC.

Nos Gestes Climat (nosgestesclimat.fr)

Développé par l’ADEME et l’ABC, Nos Gestes Climat est le calculateur de référence en France. Déjà utilisé par plus de 2,7 millions de personnes, il permet d’obtenir une estimation personnalisée de son empreinte carbone ET de son empreinte eau, sans inscription. Le modèle de calcul est entièrement basé sur les données de l’ADEME et son code source est libre et documenté.

L’outil couvre cinq thématiques : transport, alimentation, logement, consommation de biens et services, et services publics. Pour chaque catégorie, un questionnaire interactif permet d’affiner l’estimation. Les résultats sont immédiats et s’accompagnent de pistes d’action concrètes et hiérarchisées par impact.

Depuis 2025, Nos Gestes Climat propose également un module d’empreinte eau qui mesure la quantité totale d’eau nécessaire à la production des biens et services consommés (eau invisible), pondérée par le stress hydrique des territoires concernés.

Agir pour la Transition – Calculateur ADEME

Le portail Agir pour la Transition de l’ADEME (agirpourlatransition.ademe.fr) intègre directement le simulateur Nos Gestes Climat et l’enrichit d’un écosystème de guides pratiques par thématique. L’ADEME y rappelle que l’empreinte carbone moyenne d’un Français est d’environ 10 tonnes de COe par an, et que l’Accord de Paris fixe un objectif de 2 tonnes par personne d’ici 2050.

Ce portail propose des pistes de réduction classées par domaine de vie : transports (mobilité douce, covoiturage), alimentation durable (produits de saison, réduction du gaspillage), allongement de la durée de vie des objets (réparation, occasion), réduction de la consommation énergétique (isolation, chauffage renouvelable) et gestion des déchets (vrac, compostage, tri).

Pour les entreprises : méthode de calcul

Le calcul repose sur une formule simple : Émissions (tCOe) = Donnée d’activité × Facteur d’émission. Les facteurs d’émission sont disponibles dans la Base Carbone® de l’ADEME (base-empreinte.ademe.fr). Il est recommandé de se faire accompagner par un prestataire formé à la méthode Bilan Carbone® pour garantir la fiabilité et la complétude du diagnostic.

 

7. Réduire ses émissions : plan d’action concret


Le bilan carbone n’est pas une fin en soi. Son utilité réside dans le plan d’action qu’il permet de construire. Voici les leviers de réduction les plus efficaces par poste d’émission.


Transports et déplacements

Rationaliser la flotte de véhicules (passage à l’électrique ou hybride), favoriser le télétravail et le covoiturage, limiter les déplacements aériens au strict nécessaire, optimiser la logistique et le fret. Pour une PME de services, les déplacements représentent souvent le premier poste d’émissions du scope 3.

Énergie et bâtiments

Améliorer l’isolation thermique des locaux, passer à un contrat d’énergie renouvelable, installer des équipements performants (LED, pompes à chaleur), réduire la consommation des équipements IT. Ces actions génèrent généralement un retour sur investissement rapide.


Achats et chaîne d’approvisionnement

Privilégier les fournisseurs locaux et engagés dans une démarche bas carbone, intégrer des critères environnementaux dans les cahiers des charges, allonger la durée de vie des équipements, favoriser le reconditionné et la réparation.

Numérique


Rationaliser l’infrastructure cloud, allonger la durée de vie du matériel informatique, réduire le volume de données stockées, limiter les envois de pièces jointes lourdes et le streaming vidéo interne. Le numérique représente un poste souvent sous-estimé du scope 3.

Déchets et économie circulaire

Mettre en place le tri sélectif, réduire les emballages, intégrer une logique d’éco-conception des produits et services, développer des filières de recyclage ou de réemploi.

Besoin d’un consultant RSE pour construire votre plan d’action ?

Plateya vous connecte avec des experts indépendants certifiés Bilan Carbone®, capables de transformer votre diagnostic en feuille de route opérationnelle. Sans engagement. Demandez un devis sur plateya.fr

 


8. CSRD, Omnibus et nouvelles règles du jeu 2026


La directive CSRD : rappel du cadre


La Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) est la directive européenne qui normalise le reporting de durabilité des entreprises. Elle s’appuie sur les normes ESRS (European Sustainability Reporting Standards) développées par l’EFRAG. L’objectif est d’harmoniser, standardiser et rendre transparentes les déclarations extra-financières des entreprises européennes, en cohérence avec le Pacte vert européen et l’objectif de neutralité carbone en 2050.


Le bouleversement Omnibus de décembre 2025


L’année 2025 a été marquée par un tournant réglementaire majeur. La directive Omnibus, dont l’accord final a été conclu le 9 décembre 2025 et publié au Journal officiel de l’UE le 26 février 2026, a modifié en profondeur le paysage du reporting de durabilité en Europe. Les changements principaux sont :


Relèvement des seuils : seules les entreprises de plus de 1 000 salariés réalisant un CA net supérieur à 450 millions d’euros (ou un bilan de 25 M€) sont désormais soumises à la CSRD complète.

Exemption massive : environ 80 % des entreprises initialement concernées sortent du champ d’application légal de la CSRD, dont la totalité des PME cotées.

Report calendaire : les entreprises des vagues 2 et 3 bénéficient d’un report de deux ans.

Simplification des ESRS : l’EFRAG a transmis à la Commission en novembre 2025 un projet de normes ESRS simplifiées, qui pourrait être adopté courant 2026.

Consécration de la VSME : la norme VSME devient le standard de référence pour toutes les entreprises non soumises à la CSRD (voir section 9).



Ce que cela change concrètement pour les PME et ETI


Paradoxalement, l’Omnibus renforce l’intérêt stratégique du bilan carbone pour les entreprises exemptées. Moins d’entreprises produisent un reporting CSRD complet, mais davantage doivent fournir des informations ESG à leurs clients et partenaires. Les grandes entreprises restant dans le champ CSRD continuent d’exiger des données carbone de leur chaîne de valeur. La VSME devient le plafond maximal des exigences que ces grands donneurs d’ordres peuvent imposer à leurs fournisseurs PME.

 

9. La norme VSME : le reporting durabilité accessible aux PME


💡 ENCART EXPERT : La norme VSME en 2026 – Ce que chaque dirigeant doit savoir

Dernière mise à jour : mars 2026

Qu’est-ce que la VSME ?

La VSME (Voluntary Sustainability Reporting Standard for non-listed SMEs) est une norme européenne volontaire de reporting de durabilité conçue par l’EFRAG pour les micro-entreprises et PME non cotées. Elle couvre les trois piliers ESG (Environnement, Social, Gouvernance) dans un format allsgé et proportionné aux ressources des petites structures.

Chronologie clé et statut actuel

17 décembre 2024 : publication de la norme définitive par l’EFRAG (modules de base et complet).

26 février 2025 : proposition de directive Omnibus par la Commission européenne.

30 juillet 2025 : recommandation officielle de la Commission européenne pour l’usage volontaire de la VSME par les PME non cotées.

9 décembre 2025 : accord final sur l’Omnibus en trilogue (Parlement, Conseil, Commission).

26 février 2026 : publication de la directive Omnibus au Journal officiel de l’UE.

19 juillet 2026 (prévu) : adoption de l’acte délégué officialisant la norme volontaire, fondée sur la VSME.

À qui s’adresse la VSME ?

Initialement pensée pour les PME non cotées et les micro-entreprises, la VSME s’adresse aujourd’hui à un public bien plus large. Avec l’Omnibus, elle concerne de facto toutes les entreprises de moins de 1 000 salariés qui sortent du champ CSRD. De nombreuses ETI s’en emparent également volontairement. Selon l’EFRAG (2025), 67 % des banques et grandes entreprises utilisent déjà la VSME comme cadre de référence pour collecter des informations auprès de leurs fournisseurs.

Structure de la norme : deux modules

Module de base : indicateurs environnementaux et sociaux essentiels (consommation d’énergie, émissions GES, effectifs, conditions de travail). C’est le socle minimal recommandé pour toute PME souhaitant structurer son reporting.

Module complet (VSME+) : indicateurs avancés couvrant l’ensemble des thématiques ESG avec une granularité supérieure. Il est particulièrement adapté aux ETI et aux PME ambitieuses qui souhaitent anticiper une future soumission à la CSRD.

Pourquoi adopter la VSME dès maintenant ?

Répondre aux demandes des donneurs d’ordres : la VSME est désormais le plafond maximal des exigences ESG que les grands groupes peuvent imposer à leurs fournisseurs PME dans le cadre de la chaîne de valeur (value-chain cap).

Anticiper la réglementation : la norme volontaire sera officiellement adoptée par un acte délégué de la Commission au plus tard le 19 juillet 2026.

Faciliter l’accès aux financements : les banques intègrent de plus en plus la VSME comme référentiel pour évaluer la durabilité de leurs clients PME.

Se différencier : dans un marché où la RSE devient un facteur de compétitivité, structurer ses données ESG avec un cadre reconnu est un avantage concurrentiel tangible.

Spécificités à retenir

La VSME n’impose pas de double matérialité (contrairement à la CSRD). Elle utilise une logique « si applicable » qui permet aux entreprises de sélectionner les indicateurs pertinents pour leur activité. Elle est compatible avec les référentiels GRI et SASB, et conçue pour faciliter une transition ultérieure vers la CSRD si nécessaire.

La norme reste volontaire et sans sanction en cas de non-application. Cependant, avec l’Omnibus, elle devient de facto incontournable dans les relations client-fournisseur.

 

 

10. Coût d’un bilan carbone et financements disponibles


Combien coûte un bilan carbone ?


Le coût varie considérablement selon la taille de l’entreprise, la complexité de la chaîne de valeur et le niveau de maturité visé. Pour les TPE et PME, le coût d’un Bilan Carbone® oscille généralement entre 4 000 et 12 000 euros, selon l’exhaustivité du scope 3 et l’accompagnement stratégique souhaité. Pour les grandes entreprises, le budget peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros, voire davantage en cas de déploiement international. Le coût du deuxième bilan est généralement inférieur car la base de données peut être réutilisée.


Les aides et financements disponibles


Diag Décarbon’Action (ADEME / Bpifrance) : programme d’accompagnement subventionné pour les PME de moins de 500 salariés, couvrant la réalisation du bilan carbone et la construction du plan d’action.

Aides régionales : de nombreuses Régions et CCI proposent des subventions ou chèques verts pour financer partiellement les démarches RSE et les bilans carbone.

Crédit d’impôt : certaines dépenses liées à la transition énergétique peuvent ouvrir droit à des avantages fiscaux.

Plan France Relance : les entreprises de 50 à 250 salariés et de plus de 250 salariés bénéficiant de ce plan sont tenues de réaliser un bilan carbone, mais peuvent aussi accéder à des financements spécifiques.



Trouvez votre consultant bilan carbone sur Plateya

Notre marketplace référence des consultants RSE indépendants, formés à la méthode Bilan Carbone® et aux normes VSME. Recevez des devis sous 48h, sans engagement. Rendez-vous sur plateya.fr

 



11. FAQ – Les questions les plus posées sur le bilan carbone


Quelle est la différence entre bilan carbone et bilan GES ?


Le terme « bilan carbone » est entré dans le langage courant pour désigner toute estimation des émissions de GES. Le Bilan Carbone® (avec majuscule et marque déposée) est la méthode spécifique de l’ABC. Le BEGES (Bilan d’Émissions de Gaz à Effet de Serre) est l’obligation réglementaire. Le Bilan Carbone® peut être utilisé pour satisfaire l’obligation BEGES.


Mon entreprise a moins de 500 salariés. Suis-je concerné ?

Vous n’êtes pas soumis au BEGES réglementaire. Cependant, si vous travaillez avec des donneurs d’ordres soumis à la CSRD, ils vous demanderont probablement des données ESG. La norme VSME est le cadre recommandé pour y répondre de manière structurée et proportionnée.


Combien de temps faut-il pour réaliser un bilan carbone ?


Pour une PME, comptez entre 2 et 4 mois selon la disponibilité des données et la complexité de la chaîne de valeur. La phase de collecte de données est généralement la plus chronophage. Un accompagnement par un consultant spécialisé permet de raccourcir significativement les délais.



Puis-je réaliser mon bilan carbone en interne ?


C’est techniquement possible en utilisant les facteurs d’émission de la Base Carbone® de l’ADEME. Cependant, la fiabilité du résultat dépend fortement de la maîtrise méthodologique. Pour un premier bilan, il est fortement recommandé de se faire accompagner par un prestataire certifié par l’ABC.



La VSME est-elle obligatoire pour les PME ?



Non, la VSME reste une norme volontaire sans sanction en cas de non-application. Toutefois, depuis la directive Omnibus, elle constitue le plafond des exigences ESG que les grands groupes peuvent imposer à leurs fournisseurs. En pratique, elle devient incontournable pour toute PME travaillant dans une chaîne de valeur impliquant des entreprises soumises à la CSRD.



Quels outils gratuits existent pour estimer son empreinte carbone ?


Pour les particuliers et les TPE, Nos Gestes Climat (nosgestesclimat.fr) est le calculateur de référence, gratuit et sans inscription. Pour les entreprises, la Base Carbone® de l’ADEME fournit les facteurs d’émission nécessaires. Il existe également des logiciels spécialisés (Carbo, Greenly, Sami, Sweep, etc.) qui automatisent la collecte et le calcul.


Le bilan carbone prend-il en compte l’empreinte eau ?



Historiquement non. Le bilan carbone se concentre sur les émissions de GES. Cependant, des outils comme Nos Gestes Climat intègrent désormais un module complémentaire d’empreinte eau. La tendance est à l’élargissement du diagnostic environnemental au-delà du seul carbone, notamment dans le cadre de la CSRD qui couvre l’ensemble des enjeux de durabilité.

 

Conclusion : le bilan carbone, passeport stratégique de 2026


En 2026, le bilan carbone n’est plus un exercice de conformité réservé aux grandes entreprises. C’est un outil de pilotage stratégique qui conditionne l’accès aux marchés, aux financements et aux talents. La simplification apportée par la directive Omnibus ne réduit pas l’importance de la mesure carbone – elle la déplace. Les PME et ETI qui anticipent volontairement cette démarche, en s’appuyant sur la méthode Bilan Carbone® V9 et le cadre VSME, prennent une longueur d’avance décisive dans une économie en pleine mutation.

Le meilleur moment pour réaliser votre bilan carbone, c’était hier. Le deuxième meilleur moment, c’est maintenant.

 

Prêt à passer à l’action ?

Plateya est la marketplace qui connecte les dirigeants de TPE et PME avec des freelances experts en RSE, bilan carbone et transition écologique. Obtenez un devis personnalisé en 48h. plateya.fr

 

 

Si cet article est utile, partagez-le avec votre communauté professionnelle.


Donnez votre avis constructif

Damien GRANGIENS - Fondateur de Plateya

Fondateur de Plateya : outil collaboratif augmenté pour les office managers freelance et assistantes digitales

Fondateur de Plateya, je travaille depuis 5 ans avec des office managers et assistants indépendants sur la transformation digitale et les nouvelles pratiques et techniques agiles exigées dans le développement de leur activité.

2009 articles

Partagez cet article à votre réseau professionnel!

À lire également

article-similaire
Stratégie RSE

Fixer et piloter les indicateurs CSRD pour réussir sa transformation RSE

30 Jan 2025 à 06:52

article-similaire
Stratégie RSE

L'importance d'intégrer des critères RSE dans la sélection et l'achat de prestations événementielles

30 Avr 2024 à 12:07

article-similaire
Stratégie RSE

Comment obtenir la certification EcoVadis en 2025 ? Guide complet & conseils

17 Mar 2025 à 09:02